Reprise de mon quotidien sur Caen...
Mes aventures dans la résidence universitaire se révèlent de plus en plus palpitantes : hier, quelqu’un a roté. Cela a dévissé l’ampoule de mes toilettes et un type en pyjama s’est fâché d’y
avoir perdu deux lattes de lit. Bref, on s’amuse…
Aujourd’hui nettement moins. En effet, las de deux heures de cours quotidiennes, je me suis trompé de chambre. Comme l’ouverture de cette chronique, le récit qui va suivre est tout à fait
authentique. Je suis alors en train d’ouvrir une porte ouverte, à défaut d’en enfoncer et pas étonné pour un sous car il s’agit a priori de ma chambre. D’autre part, la teinte jaune de
ces mêmes portes, au demeurant fort appétissante pour un œuf à la coque, ne convient pas à de la peinture, au maquillage d’une prostituée ou à un Coréen. Je ne les regarde donc jamais. Erreur
tragique puisqu’en jetant mon sac sur le lit, je tape directement dans le foie d’un étudiant en train de réviser. Il sursaute, jette un regard ahuri dans la pièce et déclare :
« Qu’est-ce qui vous a pris de repeindre le linoléum en bleu, une fois ? »
C’est une phrase qui m’a désarçonné, même venant d’un Belge. Je m’excuse pitoyablement :
« C’est ce qu’on appelle se tromper de crémerie ! »
Le Belge reprend ses esprits et s’exclame :
« Vous avez raison : il n’y a pas de lit dans ma chambrée ! Je suis désolé, une fois. »
« Et moi deux ! » rétorqué-je, « il n’y a pas de Belge dans la mienne. »
Mais alors, chez qui avions-nous atterri ?
« Qu’est-ce que vous faîtes ici ? »
C’est une jolie blonde qui vient de sortir de la salle de bain enveloppée dans une serviette. Nous sommes confus, mais nous parvenons à lui expliquer la chose sans bafouiller. Elle rit :
« Ca, c’est une drôle d’histoire ! » Puis laissant tomber son drap de
bain : « Et maintenant, baisez-moi ! »
Le Belge y est allé de sa grosse frite tandis que je les lorgnais en m’astiquant le quatre-couleurs. Finalement, on s’amuse…
14/10/07
Déclarations !